Pourquoi ça ne veut pas ?

Est-ce que cela vous est déjà arrivé ? Vous rendre compte que malgré vos efforts, malgré du temps passé à travailler sur un sujet, le contenu de celui-ci ne fait pas mouche en vous. Vous est-il déjà arrivé de ressentir comme un blocage, comme si vous souhaitiez avancer, mais que quelqu’un vous retenait par le t-shirt ? Si la réponse est oui, alors je vous invite à lire la suite de mon histoire.

Dans les faits

Imaginez-vous, jeune formateur, plein de fougue, d’envie, et passionné par votre métier, ne comptant pas vos heures de travail tant celui-ci s’apparente au plaisir. Imaginez-vous avoir été formé il y a un peu plus d’un an, être persuadé que vous êtes dans le vrai, et que votre méthodologie est la bonne. Et maintenant, imaginez-vous qu’on vous fasse vivre une expérience déstabilisante, et qu’à l’issus de celle-ci on vous offre une méthodologie qui s’accorde autant qu’elle se différencie de la votre ?

Et bien voilà, mon résultat a été celui-ci : Pardon ? Je n’ai pas compris, vous pouvez répéter ? Encore ? Encore ? heu…. désolée, encore ? Et bien non, je n’ai toujours pas compris.

L’heure du bilan

Parfois, prendre du recul a du bon. Comme me l’a appris ma formatrice préférée (je sais qu’elle se reconnaîtra), il faut s’éloigner du mur pour en voir la totalité, et non rester coincée devant ces 3 ou 4 briquettes qui nous bloquent. Et cela fonctionne aussi bien pour la vie professionnelle que pour la vie personnelle !

Alors, je profite de ce week-end pascal pour faire une mise au point. Prendre du recul, et essayer de comprendre d’où me vient cet immobilisme.

Je me pose de nombreuses questions, et essaie de prendre du détachement face à la situation. Après quelques minutes, je comprends….

Passons au diagnostique

Il m’apparaît alors comme évident que je suis une victime. Oui oui, vous avez bien lu, je suis une victime. Une victime de la résistance au changement !

Je me suis posé les questions suivantes : dans quel intérêt ? pourquoi changer quelque chose qui fonctionne ? c’est comme ça qu’on m’a appris, qu’est-ce que cela peut apporter ?

Et je me suis trouvé des excuses, si je ne comprends pas, c’est que le contenu n’est pas accessible, si je ne comprends pas, c’est que la notion est trop complexe, si je ne comprends pas, c’est que c’est peut être pas pour moi.

On parle souvent sur les réseaux de sortir de sa zone de confort, d’accepter de nouveaux challenges, de modifier ses habitudes, mais dans la pratique, ce n’est pas si facile, et s’avère même être très déstabilisant. C’est être capable de remettre en question ce que l’on sait, ce que l’on a appris, ce en quoi l’on croit, et cette situation dans laquelle on se sent à l’aise.

C’est être capable de passer d’un état de « consciemment compétent » à un état de « consciemment incompétent ». Autant vous dire que votre amour propre en prend un coup !

Place à l’action

Je suis arrivée au bilan suivant, je suis consciemment incompétente.

J’avoue avoir souri. J’ai souri parce que cet état de résistance au changement est l’une des premières choses qu’on vous apprend quand vous vous formez au métier de formateur. J’ai souri parce que je me souviens m’être dit à cette époque : mais comment on peut être réfractaire à l’idée de vivre une nouvelle aventure, apprendre de nouvelles choses, c’est nul ! Bon allé, je suis plus forte que ça, maintenant, comment changer la donne ?

Le travail. Je travaille, je bosse mon sujet, m’exerce, prends des notes, réfléchis, je pars d’une page presque vierge, et réécris de nouvelles lignes. Je me forme, et essaie d’intégrer cette nouvelle méthodologie à ma façon de penser, d’analyser, et d’approcher mes formations. Je m’approprie ces notions. Et là, j’ai compris.

En conclusion

Je pense que je vais terminer cet article de la façon suivante : Personne n’est à l’abris !

Ce n’est pas parce qu’on se bat contre une caractéristique au quotidien dans son travail, qu’on ne peut pas un jour en être victime.

Et là me vient cette vieille expression : tel est pris qui croyait prendre !

2 Comments

  1. SEKLI

    Merci pour cet article qui m’éclaire sur ce que je ressens depuis quelques jours maintenant.
    La justesse de vos mots n’a d’égal que mon incapacité totale à formuler ce qui m’empêche d’avancer.
    La résistance au changement, c’est exactement ça !!!
    Je vais donc prendre le recul nécessaire, pour continuer d’avancer et ne pas rester au pied du mur.

    Bien cordialement.
    L.S Formateur

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    1. Céline Gournay

      Bonjour,
      Tout d’abord, un grand merci pour votre commentaire, qui je l’avoue m’a particulièrement touché. Effectivement, nous vivons une période bien particulière, parsemée de temps de travail acharné, de temps d’ennuie, de temps de doute, de crainte, de lassitude, et de temps de solitude. Demander en plus à quiconque de modifier, d’améliorer ou de retravailler ses pratiques peut apparaître comme une étape insurmontable. Je suis heureuse si j’ai pu vous aider à mettre un mot sur une difficulté, et je n’ai aucun doute sur le fait que vous la surmonterez avec brio. Bien à vous

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