Formatrice indépendante confinée, je ne suis pas seule !

Lorsque j’ai décidé de vivre mon aventure d’auto entrepreneur, en novembre dernier, on m’avait prévenu :

« Céline, tu verras, tu auras du mal à t’habituer à travailler seule, et te connaissant, tu reviendras vite au système salarial ».

Bien évidemment, je n’avais pas imaginé que le monde vivrait la catastrophe sanitaire actuelle !

Alors, à l’époque, je me suis posé la question : pourquoi est-ce qu’un indépendant doit être seul ?

1 – Dans les faits, ce qui pousse à la solitude

Alors, effectivement, il arrive que je forme dans des centres, pour 1 ou 2 journées. Là, je suis d’accord, c’est compliqué de tisser des liens. On facture généralement à l’heure, ou à la journée, alors pas de temps pour copiner… Une fois les brèves salutations cordiales de rigueur effectuées, on entre très vite dans le vif du sujet avec un :

« – tiens voilà ta salle, le vidéo fonctionne comme ça, voilà la clé wifi, le café est là, bon courage ! ».

Cependant, dans la majorité des cas, les centres avec lesquels je travaille me proposent des formations qui durent plusieurs mois ! Alors, j’aurai tendance à vous dire, les liens que vous tissez dépendent de 2 facteurs :

  • votre attitude
  • l’attitude de ceux qui vous accueillent

Pourquoi, parce que vous êtes là pour un temps imparti, vous devez créer une pseudo barrière avec vos « collègues »? Est-ce que vous devez moins vous investir dans la vie du centre ? Est-ce que, sous prétexte que vous n’avez pas de CDI, votre parole a moins de poids ? Vos idées sont-elles moins bonnes ?

Je crois bêtement que si un centre se porte bien, il vous fera travailler ! Alors pourquoi ne pas apporter votre pierre à l’édifice ?

2 – Dans les faits, comment je vis les choses

Alors, peu de temps avant le confinement (1 semaine), j’ai commencé 2 nouveaux projets.

J’ai la chance de travailler les lundis mardis dans un centre de formation, dédié aux adultes (cadres d’entreprise/formateurs), et j’interviens sur des modules de bureautique, en FOAD (formation ouverte à distance).

Les jeudis et vendredis, je travaille dans un CFA, avec des jeunes, âgés de 16 à 20 ans, qui recherchent une alternance, j’interviens sur des modules comme de la technique de recherche d’emploi, les savoirs être en entreprise, la prise de parole etc….

Deux publics totalement différents, deux formations totalement différentes, et c’est bien là que je trouve mon bonheur !

Un accueil chaleureux et humain

Je vais vous parler du premier centre de formation avec lequel je travaille (celui des lundis-mardis).

J’avais déjà rencontré le Dirigeant en entretien. J’avoue avoir été super enthousiaste à l’idée de travailler avec lui, un homme expérimenté, avec des approches originales, et j’ai bien senti que son travail était une passion (ce qui nous faisait beaucoup de points communs).

Lors de mon arrivée du lundi matin, j’ai donc été accueillie par ce dirigeant, et par la Superviseur du Centre d’Appel. Nous avons pris le temps de boire un café, et d’échanger des banalités. Ensuite, j’ai découvert mon espace de travail. Parce que oui, cette entreprise m’a dédié un espace rien qu’à moi ! Ce qui faisait déjà une grande différence, on avait anticipé mon arrivée, et tout fait pour que je puisse travailler dans de bonnes conditions. On m’a aidé à prendre mes marques, montré le fonctionnement des différents supports de travail. Le tout dans une ambiance amicale et bienveillante.

Arrive le confinement !

Une semaine plus tard, c’est l’heure du confinement. Alors bien sûr on aurait pu se dire chacun de son côté, prenons soin de nous, de nos proches, et on se revoit quand tout sera fini. Mais fort heureusement, ça n’a pas été le cas.

L’entreprise m’a inclus dans ses démarches, à savoir comment accompagner au mieux les formateurs, cadres, comment partager notre savoir pour encourager les méthodes digitales, faire face à une pratique parfois méconnue, tout en gardant ce lien humain qui nous est si cher en ces temps difficiles.

Nous échangeons beaucoup (mail, teams, texto, visio…), et nous sommes là les uns pour les autres.

Nous avons même vu fleurir de nouveaux projets (parce que oui, nous avons le temps de réfléchir) et même pris du temps pour me faire monter en compétence.

Malgré la distance, malgré le confinement, malgré les baisses de moral (parce qu’en toute honnêteté, ce n’est pas facile de vivre enfermée), et malgré le fait qu’on se connaisse très peu au final, nous avons réussi à développer un esprit d’équipe, une cohésion de groupe, un réel soutien, et on se fait confiance. Franchement, vu le contexte dans lequel notre collaboration a évolué, c’était loin d’être gagné !

En conclusion

Alors non, un formateur indépendant n’est pas forcément seul.

Je pense que cette croisade est relativement identique à celle de notre vie personnelle, à savoir : il suffit de bien s’entourer.

Pour terminer, je vous laisse méditer sur cette citation :

Toute graine plantée dans le sol de l’esprit prend racine,

grandit, et tôt ou tard se transforme en actes

porteurs d’occasions et de circonstances.

James Allen

1 Comment

  1. Jérôme

    Céline,
    1 formatrice indépendante est comparable à un télétravailleur: tout dépend des moyens et de ton état d’esprit et de la volonté de faire par l’entreprise. Tu as raison de le souligner. Merci pour ton article pertinent.

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