Hé, il se passe quoi quand on forme d’autres formateurs à la classe virtuelle ?

Bien évidemment, nous allons évoquer le lien entre le formateur et son public, et là tout particulièrement, un public de confrères, puisque public de formateurs.

Je travaille avec https://www.histoiredereussir.fr/, un centre de formation pour lequel j’animais des formations en bureautique. En mars dernier, comme bon nombre d’entre nous, je me suis sentie totalement bouleversée dans ma façon de travailler, dans mes libertés professionnelles, personnelles, et dans ma façon d’animer. Nous avons du nous adapter, nous renouveler, et réfléchir, à notre échelle, à ce que nous pouvions proposer.

Nous avons alors travaillé d’arrache pied pour monter une formation destinée aux formateurs, souhaitant s’initier, se perfectionner en formation de classe virtuelle. C’est ainsi que l’aventure « Animer une classe virtuelle » est née.

Le virtuel, qu’est-ce que ça change techniquement ?

D’un point de vue physique, j’aurais envie de vous dire, pas grand chose. Vous pouvez voir, entendre, parler, le seul sens utilisé en présentiel et non en virtuel étant l’odorat, mais en soit, sentir ou non vos participants ne changera pas votre façon d’animer ! Eventuellement votre placement dans la salle 🙂

D’un point de vue communication, c’est plus compliqué. Notre corps véhicule nos messages, et en virtuel, tout est concentré sur le haut du corps. C’est donc une habitude à prendre, pour ceux qui aimaient ponctuer leurs temps de parole par des déplacements, des changements de position, de tout ramener à l’expression du visage et du buste uniquement.

Pour ce qui est de l’animation pure et dure, c’est plus technique, moins naturel. En présentiel, les prises de parole peuvent se faire à la volée, vous identifiez d’où vient le bruit, et savez qui a pris la parole. En virtuel, c’est une toute autre gymnastique, mais une fois entraîné, ça devient de plus en plus facile.

Ensuite, il faut être capable de jongler avec plusieurs supports si vous utilisez des outils collaboratifs, des quiz ou autre, mais ça, c’est pareil, c’est de la technique, et ça s’apprend.

Le virtuel, qu’est-ce que ça change dans les relations aux autres ?

Comme vous le savez, je place l’humain, la relation humaine, en haut de mes valeurs professionnelles, et je pense que si il n’y a pas d’émotion en formation, si on ne ressent rien, alors on est passé à côté de quelque chose de grandiose.

J’avais, je dois l’avouer, au début de notre projet, de grands à priori. Je me disais que de former des formateurs, sur une formation plutôt courte puisque 6 modules de 2 heures, à distance, à travers un écran, allait forcément être moins bien en termes d’émotion qu’une bonne vieille formation présentielle.

Je dois avouer que sur le coup, je me suis bien planté !

Non seulement, cette formation est passionnante, car le public est passionnant, des formateurs de tous horizons, j’ai pu formé par exemple des formateurs d’anglais, des formateurs en management, des formateurs en comptabilité, des formateurs en prise de parole en public, des formateurs en cuisine, des coachs, et bien d’autre ! La pluralité des domaines de compétence de ce public est une vraie richesse.

Mais en plus, je suis comblée pour ce qui est de ressentir et faire ressentir des émotions.

Le premier axe est que la majeur partie des formateurs se forment de chez eux. Alors ça peut paraître anodin comme ça, mais je vous assure que ça a son importance. Le fait d’être chez soit permet d’être plus à l’aise. On a tous en mémoire cette publicité du mec qui est en visio avec son patron, chemise cravate en haut, et caleçon en bas, et bien c’est exactement ça. En étant chez soit, on est dans son univers, dans un lieu dans lequel, je l’espère, on se sent bien. Et on ouvre également une porte sur son intimité, cela passe par le choix de sa déco, par le syndic de l’immeuble qui a décidé de rénover les parties communes en perçant des trous à n’en plus finir, par le chien du voisin qui aboie parce qu’une sirène de pompier retentie, ou encore par notre propre chat qui décide de venir jouer avec l’écran, ou nos enfants pour qui la priorité est de savoir où est rangée Barbie fée papillon. Croyez moi ou non, ça crée du lien !

Le second axe est que, tout comme en présentiel, on y retrouve les mêmes émotions. Des joies, des peines, des doutes, des interrogations, de l’entraide, des rires (beaucoup de rires), de l’engagement, des peurs, de la surprise, de l’empathie, et tout ce qui fait que j’aime ce métier.

Je vais prendre quelques instants pour vous raconter l’histoire de Sophie. Sophie participait, pendant le confinement, à notre classe virtuelle. Il arrivait que sa fille de 3 ans vienne nous faire un petit coucou à l’écran (parce que oui, c’est long 2 heures à cet âge), ça l’amusait beaucoup, et nous aussi je dois dire. Elle nous a appris qu’elle allait fêter ses 4 ans 2 jours plus tard. Nous avons donc décidé, mon collègue et moi même, de faire des cartes d’anniversaire DIY, avec bougies, licornes, fées et tout le tralala. Le jour de son anniversaire, elle est venue nous faire un petit coucou, nous avons alors dégainé nos cartes, et avons pris nos plus belles voix pour lui chanter un joyeux anniversaire digne de ce nom. Cela a bien évidemment fait écho en moi, puisque moi-même maman d’une petite puce de 8 ans. Mais au delà, je me suis dit que le virtuel n’avait rien à envier au présentiel en matière de relation humaine.

Pour finir

Je pense que la classe virtuelle a un bel avenir en formation, alors oui j’ai bien conscience que c’est facile de dire ça vu le contexte actuel, mais justement. Ce contexte nous a obligé à nous adapter, à transformer notre mode de communication, à expérimenter et à s’approprier d’autres outils. Pour ma part, je suis passée d’une étape de carrière subie, à un choix de carrière, et la nuance n’est pas à négliger.

Je pense que passé le cap technique de la classe virtuelle, on peut y inclure autant d’émotion qu’en présentiel, et en tirer autant de bénéfice, que ce soit pour le public, ou pour le formateur. En bref, vive la classe virtuelle !!!!

1 Comment

  1. Ganchegui franck

    Je ne pense pas qu’il faille obligatoirement être titré pour être un bon formateur, je pense que pour être un bon formateur il faut avant tout avoir le goût du partage de compétence, savoir adapter notre discours aux personne en face de nous et l’amour du métier que l’on veut partager.
    Il y a malheureusement aussi un certain nombres de personne titrées qui j’en suis sûre ne sont pas de bon formateur.

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