La méthode active : CQFD

J’ai voulu faire cet article car, fervente addicte de la méthode active lors de mes interventions, ce qui en résulte est tout bonnement formidable. Je pense que c’est LA méthode à utiliser, et je tenais à partager les bénéfices que j’en tire avec vous.

Tout d’abord, quésaquo ?

Nous sommes tous habitués, par notre expérience scolaire, à ce qu’une personne (par exemple le professeur) nous donne une définition, des explications, des exemples, puis des exercices pour s’assurer de la bonne interprétation du message transmis. Ainsi l’apprenant part avec des notions, qu’il expérimente au fil des devoirs.

Lorsqu’on a à faire à des adultes, il y a plusieurs critères à prendre en compte. Le premier étant qu’ils ont déjà des expériences, des savoirs, des connaissances, et que l’idée de réitérer le schéma classique scolaire peut être bloquant, décourageant voir rebutant. C’est là que la méthode active entre en jeu. Il s’agit de proposer un problème, une tâche à réaliser à ses stagiaires, et de les accompagner dans leurs recherches, leurs réflexions, leurs créations.

Par exemple, actuellement je suis formatrice référente d’un PIC bureautique (formation de 3 mois pour apprendre les bases de windows, avec en complément toute une partie remobilisation). Il s’agit d’un groupe de 12 adultes, éloignés de l’emploi, avec un projet professionnel à construire pour certains, ou à asseoir pour d’autres, ayant pour tous des expériences professionnelles plus ou moins réussis, et à force de coups durs, montrant tous un manque de confiance en leurs connaissances et compétences.

Le premier module de cette formation consiste à apprendre le vocabulaire informatique (qu’est ce qu’une souris, un port usb etc…). J’ai demandé aux stagiaires de s’inspirer de wikipédia, pour créer leur propre wiki sur le vocabulaire informatique. Ils ont donc du faire un travail de recherches, d’images, s’organiser autour de cette activité, se mettre en accord sur l’apparence du site, des polices de caractère, du « style » des phrases et j’en passe. Après leur avoir fourni le site, et la page web, ils ont travaillé en autonomie sur ce projet.

Voici ce qui arrive lorsqu’on clique sur la page error 404 :

Un de mes modules s’appelle « hygiène et santé ». J’ai scindé mon groupe en 4 équipes de 3 personnes, donnant à chacun une thématique du type : Groupe 1 : les addictions – Groupe 2 : qu’est-ce qu’une bonne hygiène de vie etc…. J’ai demandé à ce que chaque groupe fournisse un support de son choix, et présente le résultat de ses recherches au reste des stagiaires.

Autre exemple, je souhaitais matérialiser les 3 mois de notre PIC bureautique, l’évolution du groupe, des apprentissages. J’ai constitué un groupe de 4 personnes (une stagiaire aimant lire et écrire des poèmes, une stagiaire passionnée de dessin, une stagiaire addicte aux jeux vidéo, et un stagiaire touche à tout, curieux avec une capacité d’analyse étonnante). Je leur ai proposé de créer un jeu vidéo ayant pour thème le PIC. Après leur avoir donné les premières instructions sur l’utilisation du logiciel, j’ai laissé libre court à leur imagination pour l’histoire que ce jeu raconte, les personnages, les dialogues (je vous publierai certainement le résultat lorsqu’il sera terminé). A un autre groupe, j’ai demandé un journal. Ils ont choisi un support numérique, et ont même pensé à mettre l’horoscope, la météo et les mots croisés !

J’ai pu observer un investissement sans faille à tous ces projets, à tel point que mes stagiaires s’envoient des mails les week-end, travaillent sur ces projets à distance pendant leurs jours de repos ! Je ne leur demande pas de me rendre compte, un climat de confiance s’est installé entre nous, et ils sont fiers de me montrer leurs avancées, leurs raisonnements, leurs résolutions de problèmes, et n’hésitent pas à me demander conseil. J’ai pu entendre à de nombreuses reprises « je ne pensais pas que j’étais capable de ». Au delà de mes encouragements, et de mes félicitations aux différents travaux réalisés, un esprit d’équipe a vu le jour, et ce dès les premiers projets mis en place. Ils se posent des questions, réfléchissent ensemble, argumentent et tout cela avec beaucoup de respect et de bienveillance. Le résultat est que chacun d’entre eux apporte sa pierre à l’édifice, mais qu’au delà de ça, ce qu’ils apprennent en groupe de par leurs mises en pratiques reste ancré dans leurs esprits. Aujourd’hui, 2 mois après le premier travail sur le vocabulaire informatique, ils sont tous capable de définir une carte mère.

Le plus difficile lorsqu’on est formateur et qu’on utilise cette méthode, c’est de penser autrement. Faire table rase de son cadre de référence, qui est qu’un bon enseignant est quelqu’un qui sait tout, et qu’il faut écouter 8 heures de suite. Accepter de ne pas avoir le monopole des connaissances, savoir se mettre en retrait pour observer sans intervenir, parfois se mordre la langue lorsqu’on a la solution à un problème, et laisser le temps à ses stagiaires de réfléchir, de chercher, de comprendre. Mais à force de pratique, cette méthode devient une évidence, et lorsqu’on voit tous les bienfaits qu’elle apporte aux stagiaires, on ne peut qu’être convaincu de son efficacité.

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