Booster les apprentissages grâce au VAKOG

Vous avez déjà remarqué à quel point la facilité d’apprentissage de nos enfants est déconcertante ? Lorsque je vois ma fille de 7 ans mémoriser une poésie, son texte pour le cours de théâtre, du vocabulaire d’anglais, je suis médusée de voir la rapidité avec laquelle son cerveau enregistre les informations nouvelles, et étonnée de voir que 2 jours plus tard, elle est capable de me restituer le tout sans peine. Alors que je suis pour ma part, incapable de me souvenir du numéro de portable de mon conjoint, qui n’a pas changé depuis 7 ans.

Après avoir fait des recherches sur le sujet, il s’avère en fait que lorsque nous sommes à l’école, notre cerveau s’entraîne quotidiennement dans l’apprentissage dit « par cœur », et à forte dose, puisque vous avez tous, j’en suis sûre, le douloureux souvenir d’un découragement extrême à la vue de la masse de cours à mémoriser pour l’interro du lendemain… Lorsque nous entrons dans la vie active, il y a comme un cassure, comme un bouton « reset » qui fait que notre cerveau n’apprend plus de la même façon, ce n’est pas qu’on apprend moins, ou moins bien, mais qu’on n’est incapable de mémoriser par cœur, de restituer au mot prêt l’information.

Alors, partant de ce constat, comment pouvons-nous faciliter nos apprentissages ? Par quelles méthodes, dans quel contexte ?

La réponse : Le VAKOG

Il existe, en programmation neuro-linguistique, une technique dite des canaux sensoriels, ou plus communément appelée « VAKOG ».

Le VAKOG est un acronyme pour :

Visuel

Auditif

Kinesthésique

Olfactif

Gustatif

Il s’agit là de « profils d’apprentissages » élaborés dans le but de comprendre comment on apprend, et ce qu’il faut mettre en place pour se faciliter la tâche.

Il existe de nombreux tests à ce sujet, que vous pouvez facilement trouver ici ou encore ici.

On va donc pouvoir classer nos apprenants en 3 catégories, et construire nos formations en faisant attention à n’oublier personne !

Les visuels

Des yeux dans la ville à Rouen

LES VISUELS : c’est ceux pour qui vous devrez faire des dessins au tableaux, utiliser des cartes mentales, mettre des couleurs, laisser à disposition des surligneurs, des crayons de couleur, des feutres, faire des tableaux, des camemberts, des histogrammes. Ils aiment que les choses soient ordonnées, classifiées, planifiées, il leur faudra des repères comme par exemple :

Domaine 1 : le français

Sous Domaine 1 : Ecouter et comprendre

Sous Domaine 2 : s’exprimer à l’oral

etc….

Ils aiment que les choses soient catégorisées. Ils auront une capacité à « photographier » les choses. Vous repérerez facilement ces stagiaires car ils auront tout le matériel sous la main, ils auront une trousse bien garnie, c’est ceux à qui on peut demander du correcteur, un fluo d’une autre couleur que le jaune, et qui seront totalement désemparés lorsqu’ils n’en auront plus.

D’ailleurs, il existe un métier en pleine émergence, le « facilitateur graphique », qui va pouvoir dessiner des problèmes complexes, et pour qui ce public est du pain béni ! Le facilitateur n’a pas pour objectif de faire mémoriser des données, mais de simplifier des problèmes, thèmes complexes, et de créer une dynamique de réflexion autour du sujet.

Les auditifs

LES AUDITIFS : ils ont besoin qu’on répète les choses plusieurs fois, et de la même façon, il faut faire attention à l’intonation également, ne pas être monocorde, faire évoluer la portée de sa voix et insister sur les mots importants. C’est ceux qui vous demanderont l’été à fermer la fenêtre parce qu’il y a trop de bruit dans la rue et qu’ils n’arrivent pas à se concentrer. Pour eux, il est important de répéter les choses, pas étonnant de les écouter faire « le perroquet » en formation, c’est leur façon d’assimiler les informations.

Pour cette catégorie, on peut aider à l’invention d’une histoire autour des mots, ils peuvent également s’enregistrer et se réécouter. Généralement, ils sont bons en musique, capable d’écouter un morceau et de dissocier les différents instruments.

D’ailleurs, il existe une application que j’ai découverte récemment, qui s’appelle STUDYTRACKS. Elle a été conçue pour les étudiants, et des stars comme Soprano ou encore Joey Starr, chantent les cours à apprendre. Vous trouverez une petite vidéo ici.

Les kinesthésiques

hot, chocolate

LES KINESTHÉSIQUES : on peut inclure dans cette catégorie les olfactifs et les gustatifs. Alors pour eux, ils ont un besoin de ressentir les choses, ils aiment qu’on fasse des gestes, qu’on soit en mouvement, qu’on bouge dans la pièce. Ils ont d’ailleurs besoin d’une pièce agréable à vivre, avec une ambiance cosy, pas trop chaud, pas trop froid, ils aiment la compagnie des autres, se sentir entourés. Ils aiment se sentir bien dans leurs vêtements. Vous les reconnaîtrez car ils ont souvent quelque chose dans la main, jouent avec leurs stylos, l’hiver ils auront un grand mug de thé et une écharpe molletonnée sur les épaules. D’ailleurs, vous ne les verrez jamais habillé en synthétique !

Pour apprendre, ils ont besoin de marcher, bouger, recopier, refaire les exercices, toucher le matériel…

En formation, il faudra donc leur proposer de se le lever quand bon leur semble, de ne pas hésiter à aller parler au groupe voisin, de ramener leur tasse préférée. Il faudra aussi faire attention à la salle, mettre des affiches sympathiques qui viendront, si tel est le cas, casser le grand mur blanc.

Le kinesthésique ne pourra pas évoluer dans un groupe en conflit, en tension, il faudra donc être vigilent sur ce point également.

En conclusion

L’acquisition de nouvelles connaissances ou compétences n’est pas si simple ! Il vous faudra donc faire des dessins colorés sur vos tableaux blancs, tout en chantant ce que vous expliquez, et si il vous reste une main, vous l’aurez compris, en préparant le thé !

J’avais réalisé un article sur la méthode active en formation, qui à mon sens, est la meilleure façon de faire apprendre à un adulte. Cependant, cette méthode a ses limites, il arrive que l’apprenant ne comprenne pas, ou qu’il n’ait pas les ressources suffisantes pour avancer, et qu’il soit nécessaire de lui expliquer. C’est dans ce contexte, à mon sens, que le VAKOG intervient. Il faut bien évidemment connaitre son public, et individualiser les apprentissages, mais surtout adapter notre façon d’expliquer à la personne qui reçoit le message.

C’est le rôle essentiel du professeur d’éveiller la joie de travailler et de connaître.

Albert Einstein

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